Une semaine à Pourgues... et je me sens transformé comme jamais !

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Martin Honoré - Il nous a rendu visite au Village de Pourgues dans le cadre de l’immersion “Comment créer une école ou un village démocratique” proposée par Ramïn Farhangi en Juin dernier. Martin relate dans ce témoignage l’expérience qu’il en a retenu.


Je m’appelle Martin, j’ai 36 ans.

C’est après plusieurs années d’enseignement en élémentaire que j’ai réalisé que le système éducatif n’était plus adapté à ma vocation: l’envie d’éveiller et de rendre autonome les enfants.

Je me suis alors passionné pour les pédagogies et les structures d’enseignement alternatives et notamment les écoles de type Sudbury.

Pas de programme, pas de classe d'âge, et un cadre démocratique pour toutes les personnes évoluant dans la structure : enfants, adolescents et adultes.

Lorsque je me suis inscris pour ce stage d’immersion, j’avais déjà découvert Ramïn Farhangi au travers de sa conférence TedX et je savais qu’il était co-fondateur de la première école de type Sudbury en France ; l’école Dynamique à Paris, 14ème. C’est donc avec l’espoir d’obtenir des « tuyaux » pour fonder ce type d’école, de questionner les limites de ce modèle et de développer mon réseau que je me suis rendu à Pourgues.

Durant le stage qui s’est déroulé de façon très organique, Ramïn a été constamment présent pour répondre et guider nos réflexions. Et oui, je n’étais pas seul, nous étions 6, un porteur de projet d’école démocratique et une famille porteuse d’un projet de communauté. Au début, mes questions ne concernaient que les écoles et l’éducation puis très rapidement j’ai réalisé que le Village de Pourgues fonctionne comme une école démocratique mais sans les horaires. Ici, c’est 24h sur 24 que la démocratie s’exerce et que les enfants et les adultes sont autonomes dans leurs apprentissages. Je me suis alors laissé embarquer par l’idée d’une communauté démocratique.

Embarqué mais pas séduit, j’avais beaucoup de peurs, souvent formulées par des questions commençant par « Et si … ». Et si les enfants ne veulent que jouer aux jeux vidéos, et si personne ne veut faire le ménage, et si personne ne paye ses charges ou ne participe à la vie du lieu… Ramïn avait toujours une réponse honnête et souvent illustrée par un fait qui avait eu lieu à Pourgues.

Ensuite, nous avons découvert le conseil de vie, où chaque membre de la communauté peut participer et exprimer sa voix. Cette instance démocratique définit les règles à suivre par les membres. Les membres peuvent avoir tout âge. Certains enfants ont le statut de membre suite à leur demande.

Nous avons aussi assisté à plusieurs comités d'enquête et d’arbitrage, où sont formulés factuellement les actes sur lesquels posent la réclamation, puis y est voté si oui ou non il y a eu transgression d’une règle et, si oui, est voté un arbitrage en conséquence de l’ampleur de l’infraction et de sa récurrence.

Voilà pour le cadre, très proche de celui d’une école Sudbury. Mais qu’en est-il des prises de décisions quotidiennes : si je veux faire un potager, si je souhaite construire un abri de jardin, si je veux animer un atelier au village, si je veux changer la moquette de la salle de lecture… Il me semble très lourd de devoir toujours attendre l’aval de tous ou de voter à la majorité…

Je dois dire que c’est lorsque nous avons abordé le fonctionnement de ces prises de décisions collectives que j’ai eu un moment de révélation. Ramïn m’a alors expliqué la sollicitation d’avis. Pas besoin de voter, pas besoin d’attendre un moment formel, le processus est très souple. Un tableau sur lequel sont affichés les différents projets auxquels pensent les membres permet à chacun de pouvoir laisser une note, un avis. Libre au porteur de projet d’aller en discuter avec certaines personnes, libre à lui de décider quand mettre en œuvre son projet, libre de suivre ou de ne pas suivre tous les avis. LIBRE.

J’ai compris à ce moment ce qui fédérait cette communauté : la liberté. Ce n’est pas un petit mot ! La structure et le cadre qui la régit encouragent à exercer au maximum la liberté individuelle sans nuire à la communauté.

Voilà pour le contenu du stage mais l’expérience est allée beaucoup plus loin. L’expérience était humaine ! Durant ces 7 jours, les échanges n’ont pas été cantonnés à Ramïn mais à tous les membres de la communauté. J’ai joué aux cartes avec certains, j’ai couru avec les enfants, j’ai cuisiné avec d’autres, j’ai débattu, j’ai ri, j’ai jardiné, j’ai lu, j’ai joué de la musique…

À Pourgues, j’ai rencontré des personnes d’une immense générosité, d’une bienveillance rare envers les autres et elles-même, d’une écoute attentive, respectueuses de chaque être, en quête de compréhension personnelle et universelle. J’ai assisté à des moments d’intelligence collective simples, j’ai senti beaucoup de joie, de sérénité et d’amour.


Voici le commentaire que j’ai laissé à chaud le jour de mon départ sur les réseaux sociaux :

« Expérience merveilleuse ! Je suis arrivé afin d’avoir des informations sur la création d’une école démocratique et je repars avec l’envie d’ancrer mon énergie dans l’action et de propager l’amour envers moi et le reste de la création !!!! »


Aujourd’hui, je peux affirmer que cette expérience m’a transformé, intellectuellement et humainement.

Merci encore mes amis et à très bientôt,

Martin