Au village de Pourgues, j’adore l’entraide !

20180812_180459.jpg

Marjorie Bautista - enseignante à l'Education Nationale pendant 5 ans - cofondatrice de l'école Dynamique à Paris- cofondatrice du Village de Pourgues - Marjorie propose des immersions à Pourgues pour les familles qui ont fait le choix d'une éducation démocratique, en école, en famille ou en collectif.

L’entraide du quotidien

Aujourd’hui…
Je suis disponible le matin pour être à la piscine avec les enfants des autres villageois. Je joue avec eux et m’assure que tout va bien. Pendant ce temps, Xénia et Benoît prennent soin de mes plantes, et Jérôme et Jonathan installent le poêle dans le chalet pour que la famille de Xénia soit au chaud cet hiver. L’après-midi, Liliana joue avec Zeÿa, mon petit garçon de 1 an, pour que je puisse assurer ma responsabilité d’élue au CEA ( Comité d’Enquête et d’Arbitrage), l’organe qui régule la vie collective. Pendant ce temps, Hélène est à EMMAÜS en vue d’améliorer l’aménagement de la bâtisse et Arthur fait faire à Mia une balade à cheval. Le soir venu, Ramïn et Béa préparent le dîner pendant que Max, Alex et Benjamin terminent leur journée de chantier des yourtes. Quelle belle journée d’entraide !

L’entraide dans les moments difficiles

Cet hiver…
Ramïn est malade. Il a une gastro. Autant dire qu’entretenir le poêle dans la roulotte la nuit et sortir à toute vitesse dans le noir pour rejoindre les toilettes sèches à l’extérieur est une vraie course contre la montre! Sur la durée, c’est usant et pesant. Liliana propose alors de nous prêter sa chambre dans la bâtisse le temps nécessaire, pour avoir accès à toutes les commodités (toilettes et chaleurs) pendant cette épreuve. Ouf, nous sommes soulagés et pouvons continuer la traversée plus sereinement. Traversée qui durera plus d’une semaine!
Merci à Liliana! Elle aura contribué d’une certaine manière à la guérison de Ramïn.

Une autre nuit d’hiver…
Je suis seule avec Zeÿa dans la roulotte. Il n’a que quelques mois et a une forte montée de fièvre à 2h du matin. Zeÿa est brûlant et crie. Il est inconsolable. C’est la première fois que je côtoie la maladie d’un nourrisson. Je suis fatiguée, seule et désemparée. Que faire?...
Je saisie mon téléphone et appelle Xénia, une autre villageoise, en espérant qu’elle décrochera à 2h du matin. Elle répond, et arrive dans la roulotte quelques minutes plus tard. Une fois là, elle me donne le numéro des services médicaux d’urgence en Ariège, m’explique la procédure à suivre, prend Zeÿa et le berce pour le calmer, et une fois mon appel terminé, me donne quelques conseils à suivre pour soulager Zeÿa. Bref, en quelques minutes, elle m’a apportée ce dont j’avais besoin : du soutien et de la présence, même à 2h de matin! Merci Xénia.

L’entraide subtile

Ce matin…
Après avoir passé la nuit à allaiter Zeÿa, l’avoir douché, habillé, préparé son petit déj (car il mange aussi du solide), après avoir été attentive à ses pleurs et à ses cries, fait son sac, installé son siège auto... Je lance une machine de linge sale (à 1 an les repas sont très salissants) et pars faire les courses 30 min plus tard, débordée, sans sortir et étendre mon linge.
Mince…! Je bloque la machine à laver pour les autres villageois et mon linge risque d’avoir  une odeur de renfermé à mon retour… ;(
Heureusement, d’autre villageoises prennent spontanément le relais : elles étendent mon linge, puis le détendent quelques heures plus tard et me le ramènent plié dans la roulotte!  Et tout ça avec le sourire! Comme j’apprécie!

Ce midi…
Pendant le déjeuner, je m’installe avec Zeÿa sur les genoux. Il adore partager nos repas. Je sais que ces moments se transforment vite en champ de bataille avec de la nourriture sur la table et le sol. J’essaie alors de jongler entre mon assiette, mes couverts, les gestes brusques de Zeÿa, mon appétit et le sien. Je suis fatiguée rien qu’à l’idée de penser au nettoyage. De plus, j’ai soif, mon verre est vide (renversé par Zeÿa) et j’aimerais bien me resservir de la soupe. Pfiou, pas toujours facile d’être calme et joyeuse pendant les repas! Caroline le remarque. Elle revient avec un verre d’eau, une autre assiette de soupe et me propose de nettoyer le sol après notre déjeuner. Ouf, merci! Ces petits gestes sont parfois si précieux.

L’entraide à Pourgues est omniprésente, organique, spontanée, gratuite, subtile, salutaire, abondante. Elle rend le quotidien plus léger et simple. Elle tisse des liens de confiance avec l’autre, avec la vie.

Du collectif naît l’entraide. Il lui donne un beau terrain de jeu, un espace pour s’exprimer et prendre vie!

Le collectif est une force.