Au village de Pourgues, j'adore la coéducation!

Marjorie Bautista - enseignante à l'Education Nationale pendant
5 ans - cofondatrice de l'école Dynamique à Paris- cofondatrice du Village de Pourgues - Marjorie propose des immersions à Pourgues pour les familles qui ont fait le choix d'une éducation démocratique, en école, en famille ou en collectif.

 

Au village de Pourgues, les enfants évoluent dans un lieu avec de multiples personnes     ressources avec lesquelles interagir.


Les villageois accordent du temps, de la présence et de l’attention à leurs propres enfants et à ceux des autres :
la coéducation est quotidienne !

 

Je vis cette coéducation depuis un an avec joie et gratitude pour mon petit garçon Zeÿa, 17 mois. Voici quelques exemples de mon quotidien que je souhaite partager avec vous.

 

Depuis sa naissance, je porte Zeÿa en écharpe, le plus souvent possible, surtout au moment des siestes. C’est une habitude que nous avons prise de partir en balade tous les deux avec une écharpe de portage. Rapidement, des villageoises ont souhaité le porter aussi pour l’accompagner dans ses siestes. Lorsqu’elles constatent qu’il est fatigué, elles prennent l’écharpe de portage, me font un petit signe de la tête et partent avec lui pour une balade aux pays des songes. A son réveil, elles le bercent, lui parlent et reviennent vers moi s’il expriment l’envie de téter. Zeÿa est à chaque fois souriant, paisible et heureux. Ces siestes avec elles sont source de bien être et lui donnent confiance en lui et en l’autre.

 

 

 

Pendant les repas, Zeÿa choisit la personne avec laquelle il souhaite manger. Les villageois acceptent volontiers de partager leur assiette avec lui. Et tous sont authentiques dans les modalités de ce partage. L. aime manger avec les doigts assise par terre. Elle prend Zeÿa sur ses genoux et le laisse mettre ses doigts dans son assiette et la vider à sa guise. J., lui, préfère manger assis à une table haute avec des couverts. Il installe un cadre plus ferme : Zeÿa ne peut prendre dans l’assiette que s’il ne jette rien au sol ou sur la table et s’il est relax dans ces gestes. Il n’hésite pas à lui dire stop calmement et fermement, et le descendre de ses genoux quand cela dépasse ses limites. B. invite régulièrement Zeÿa au chalet pour manger du poisson ou des yaourts. Ayant des parents plutôt végétaliens il découvre ainsi d’autres produits alimentaires. Expériences culinaires qui lui permettront plus tard de pouvoir choisir son régime alimentaire librement et non imposé par ses parents. Grâce à ces repas partagés, Zeÿa intègre au fur et à mesure les codes de ce rituel avec les sensibilités, les habitudes, les goûts et les limites propres à chacun.

 

Au moment du bain, L. apprécie de le prendre avec Zeÿa : ils discutent, jouent, chantent... Zeÿa découvre d’autres possibles, d’autres manières de vivre ce moment “rituel” du soir. Puis L. le savonne, le rince, le sèche puis l’habille, avec beaucoup de joie et de patience, comme s’il était son propre enfant. Toutes ces attentions pour prendre soin de sa personne développe encore sa confiance en lui et en l’autre.

 

La coéducation s’exprime aussi dans les moments émotionnels que peut traverser Zeÿa. Par exemple, dans son apprentissage de la marche, il arrive régulièrement que Zeÿa chute avec plus ou moins de “dégâts”. Il y a alors très souvent un villageois qui prend l‘initiative de s’occuper de cette situation : s’assurer que la blessure n’est pas trop grave, être présent pour lui, le porter s’il le demande, soigner la plaie si nécessaire... Zeÿa reçoit l’attention dont il a besoin. Il comprend que ses parents ne sont pas les seuls à accueillir ses blessures et ses pleurs. Comme cela est sécurisant, pour lui et pour moi !

 

Chaque jour, Zeÿa peut vivre de “vrais jeux” avec différents villageois. J’insiste sur “vrais jeux” car à Pourgues, l’authenticité dans les relations est importante : nous ne nous autorisons pas à jouer avec Zeÿa ou une autre personne si nous n’en avons pas vraiment envie. C’est la diversité de nos centres d’intérêt et de nos personnalités qui permettent à Zeÿa de vivre une myriade de

jeux : B. adore lui lire des histoires, L. apprécie de jouer de la guitare avec lui, M. se réjouit de faire des châteaux de sable, J. prend plaisir à faire voler des avions en papier, R. lui propose des courses poursuite, G. aime le porter et sauter avec lui sur les canapés,… Quelle chance d’avoir autant de personnes de tout âge avec qui jouer au quotidien !

 

 

J’adore cette coéducation à Pourgues: elle est riche, stimulante, source de bonheur et d’apprentissage pour tous.

 

Zeÿa développe sa personnalité, ses capacités (relationnelles, émotionnelles, physiques, intellectuelles) et acquiert les codes sociaux-culturels à vitesse grand V grâce à ces multiples interactions.

Et surtout, la coéducation à Pourgues est harmonieuse car cohérente avec la culture établie : “l’éducation démocratique”.
Qu’est-ce que c’est au juste ? Je vous donne RDV dans mon prochain article !